Néophyte – Accueil – Famille

Néophyte. Un néophyte, dans le langage courant, c’est un “nouveau venu”. Nous sommes tous régulièrement des néophytes en différents domaines : l’économie, l’informatique, tel sport, ou telle association. Le néophytat désigne à l’origine la période qui suit le baptême dans le christianisme – le néophytat succède au “catéchuménat” (prononcer “catéKUménat”), période de préparation au baptême. Le jour de Pâques, partout dans le monde, les catéchumènes (prononcer “catéKUmènes”) deviennent des néophytes – c’est-à-dire en grec des “nouvelles plantes” ou “jeunes pousses”. Et il faut veiller sur eux : ils sont encore fragiles, comme les nouveaux-nés. C’est une période délicate où ceux qui ont cheminé ensemble pendant des mois se trouvent plongés dans le grand bain de l’Eglise et peuvent avoir un sentiment de solitude et de perdition. Ils ont été sous le feu de l’actualité pendant des semaines : ils quittent le petit groupe des catéchumènes pour entrer dans celui de la grande Eglise.

Accueil. C’est là que les relations interpersonnelles dans la paroisse sont vitales. Les paroisses pourraient ressembler à des halls de gare, de par l’anonymat qui y règne : on se croise sans se connaître, sans se saluer ni engager de conversation. Tout le contraire de ce qui est proposé à Hyères : se saluer, se parler, prier les uns pour les autres… “Un coeur brûlant pour des vies nouvelles”, le slogan de notre vision, signifie d’abord cela : “L’Eglise catholique d’Hyères, sous le regard de Notre-Dame de Consolation, est une grande famille, unie et accueillante à tous“. Les équipes d’accueil de chaque lieu, au début de chaque célébration sont là pour concrètement vivre cela. Mais il y a mille manières pour chacun d’accueillir : saluer spontanément quelqu’un que l’on ne connaît pas, repérer des nouveaux et leur souhaiter la bienvenue, leur demander d’où ils viennent, s’ils ont besoin d’aide ou d’un renseignement ou d’une prière, leur proposer le livret paroissial, ou telle invitation, ou tel groupe… Ce peut être aussi repérer quelqu’un d’absent et prendre de ses nouvelles (“paroissiens vigilants”!) Beaucoup le font déjà ; mettons-nous tous à le faire, au nom de Jésus.

Famille. Ne pas rester seul, voilà la clef de la fidélité chrétienne. Un néophyte seul est un néophyte en danger, comme un chrétien seul est un chrétien en danger. Nous ne pouvons pas cheminer seul dans la vie – la solitude touche 10% des Français aujourd’hui. L’Eglise se veut la “famille des enfants de Dieu” : concrètement la paroisse propose de nombreux groupes de cheminement pour permettre à tous les néophytes (et l’on est toute sa vie un néophyte quelque part) de s’intégrer, de s’enraciner, de se déployer, de grandir et de porter du fruit. Passer de la jeune pousse, à la plante, à l’arbre, jusqu’à la floraison et au fruit : voilà le parcours de disciple-missionnaire que le pape François veut implanter dans toutes les paroisses. Soyons bien attentifs ce mois-ci aux nouveaux venus (nouveaux baptisés, recommençants ou nouveaux convertis), ceux qui se cachent au fond derrière un pilier. Ils sont les missionnaires de demain.

 

Père Benoît Moradei