Homélie de la Sainte-Famille, 31 décembre 2017

Version audio de l’homélie du père Benoît : ici

(la version audio n’est pas 100% identique à l’écrit ! C’est une improvisation sur le texte…)

La famille de Joseph, Marie et Jésus est à la fois absolument unique : un fils Dieu fait homme, une maman vierge et sans péché, un papa homme le plus juste que la terre ait porté… et toujours source d’inspiration et modèle de vie.

Nous ne sommes pas au même niveau d’excellence, c’est certain ; mais ce n’est pas nous qui rejoignons d’abord ce foyer familial, c’est lui qui nous rejoint : laissons-les entrer chez nous, confions-leur notre famille, nos soucis de santé, de travail, d’éducation et de relations : Joseph et Marie ont comme nous connu les déplacements, les inquiétudes, les joies et la banalité d’une vie quotidienne d’un foyer lambda.

Laisser entrer la Sainte Famille chez soi, c’est peut-être tout simplement acheter une icône, une image, demander à un prêtre ou un diacre de la bénir et de bénir notre maison.

Laisser entrer la Sainte Famille chez soi, c’est également faire trois vœux pour 2018 : l’amour, la paix et la joie.

L’amour : les synonymes sont nombreux – tendresse, attention à l’autre, cadeaux, services rendus, patience… tous ces petits gestes du quotidien auxquels il faut être attentifs, car ils sont autant de portes ouvertes sur l’éternité – puisque Dieu est amour et que tout faire par amour c’est tout faire par Dieu et pour Dieu.

  • cette grâce est d’abord à décider : renoncer à la routine pour l’amour.
  • Ensuite elle est à recevoir : On ne peut donner que ce que l’on a reçu. La prière est le plus puissant moyen de faire le plein d’amour.
  • La prière personnelle, mais aussi la prière de couple et la prière en famille.
    • Petit, je ne voyais pas mes parents prier à la maison ; ma mère venait prier lorsque j’étais couché, avec moi ; j’ai ramené les bénédicités à la maison à cause des camps d’aumônerie ; ainsi est entrée la prière familiale : le bénédicité. Quelle joie pour moi, prêtre, lorsque je visite des familles de partager leur prière ; je propose toujours cela lorsque je fais une visite
  • C’est un challenge, c’est un combat : nous avons tant de choses à faire, tant de soucis… la vérité c’est qu’il sont d’autant plus lourd que nous ne les portons pas avec la prière… Si nous prions, nous trouverions le temps pour tout le reste…
  • Oser la prière, même courte, même petite, mais vraie, faite avec cœur : osons ! Apprenons bien aux enfants à faire le signe de la croix, à envoyer un baiser à la Vierge ou à la croix… « L’esprit de la prière restitue le temps à Dieu, sort de l’obsession d’une vie à laquelle il manque toujours le temps, retrouve la paix des choses nécessaires, et découvre la joie de dons inattendus » (pape François).

La paix : les relations entre Jésus, Marie et Joseph devaient être particulièrement paisibles ; des incompréhensions devaient peut-être se faire sentir parfois, aussitôt remises à la miséricorde. Un des poisons de la famille, c’est la rancœur, le remord, le désir de faire payer, voire de se venger, les communications devenues impossibles…

  • le pardon seul peut permettre à une famille de durer dans l’amour, et pas seulement de garder les apparences. Ai-je des choses à pardonner à mon conjoint ? à mes parents ? à mes frères et sœurs ? à mes enfants ?
  • on est forcément blessé lorsqu’on aime quelqu’un ; on n’est pas blessé par les inconnus, mais par les personnes les plus proches ; la méchanceté d’un frère ou d’une sœur fait bien plus de mal que l’insulte d’un inconnu.
  • Le pardon est donc nécessaire dans les familles. Pourquoi attendre des semaines, des mois, voire des années pour donner ce pardon ou demander pardon. Le plus noble est toujours celui qui fait le premier pas.
  • Pardonner c’est difficile parfois ; ce n’est pas oublier, mais c’est croire qu’un chemin est possible, toujours, et que l’offenseur ne se réduit pas à ce qu’il a fait ou dit. Pardonner c’est souvent demander à Dieu de pardonner en nous : « Père pardonne-leur ils ne savent pas ce qu’ils font »

Si tu veux la paix dans ton foyer, dans ton cœur, institue le pardon, et reçois le pardon. Viens te confesser !

La joie : une leçon de joie est à prendre de la sainte Famille. Nous devons nous apprendre à nous réjouir les uns des autres, plutôt que nous envier, nous comparer, nous jalouser ou nous critiquer. Les remarques acerbes ou ironiques ne mènent à rien : elles ne font qu’empirer la situation et rendent triste.

  • nous devons apprendre cette règle essentielle : ne pas chercher à changer les autres. Cela ne sert à rien et consomme beaucoup d’énergie. Tant qu’on cherche à changer l’autre, on se raidit et on le bloque, car il ne se sent pas aimé et accueilli tel qu’il est.
  • Faisons comme Dieu fait : il commence par nous dire qu’il nous aime tel que nous sommes, avec nos défauts et nos qualités, nos blessures et nos péchés. Il ne nous juge pas. L’appel de Dieu à la conversion s’appuie toujours sur un amour inconditionnel.
  • Apprenons à dire aux autres que nous les aimons et pourquoi nous les aimons ; sachons donner chaque jour des paroles de reconnaissance.
  • Dans un hôpital, les infirmières savaient que leur cadre était contente de leur travail lorsqu’elle ne disait rien ; lorsqu’elle n’était pas contente elle criait et engueulait tout le monde. C’est exactement ce que nous faisons : quand tout va bien, on trouve ça normal, et lorsque ça ne va pas on râle ! Dans nos relations entre chrétiens, il faut dire merci, bravo, excellent… s’encourager les uns les autres. Ce n’est pas de l’optimisme béat ni de la naïveté, c’est de la reconnaissance.

Nous sommes à la messe : lieu de l’amour, où Jésus se donne tout entier par amour ; lieu de la paix, où Jésus nous donne son pardon ; lieu de la reconnaissance, où nous faisons monter avec Jésus notre action de grâce, eucharistie, au Père.

Présentons au Seigneur nos familles, nos parents, frères et sœurs, enfants et petits enfants :

  • Merci Seigneur pour les personnes qui m’ont donné la vie, ont grandi avec moi ; merci pour toutes les qualités que j’ai découverte en eux ; bénis-les et conduis-les à toi
  • Pardon Seigneur pour toutes les blessures reçues et infligées ; avec ton aide, j’entre dans le chemin du pardon et de la réconciliation
  • S’il te plaît, Seigneur, aide-moi à aimer encore plus, chaque jour, avec l’aide de Jésus, de Marie et de Joseph.

Sainte Famille de Nazareth, priez pour nous.

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