Faites trois vœux …

“Faites trois vœux“… Si j’avais le droit de faire trois vœux pour Hyères, ce serait certainement : Gratitude, Ferveur, Courage.
Gratitude. C’est en lien bien-sûr avec le très beau parcours vécu avant Noël. Je vous remercie d’avoir été très nombreux à suivre cette retraite, en direct ou en différé. Beaucoup m’ont dit qu’ils découvraient ce thème de la “gratitude”, son lien avec la foi chrétienne et sa force transformante. Des parents sont venus me demander s’il existait une version du parcours pour les jeunes et les enfants. Des grands-parents m’ont partagé qu’ils envoyaient les vidéos à leurs enfants et petits-enfants : “Tout le monde devrait faire ce parcours, c’est extraordinaire, ça change la vie”, me disait une dame. J’ai remarqué deux choses en particulier : le nombre de personnes nouvelles, qui ne viennent jamais à l’église ou peu souvent, qui sont venues faire tout ou partie du parcours ; la joie qui régnait dans l’assemblée tant à St-Louis qu’à Ste-Madeleine. Pour moi, la gratitude doit devenir une attitude stable, une “vertu”, qui permet de goûter encore plus les joies de la vie, de relativiser les petites contrariétés et de traverser les plus grandes. A ce titre, il me semble qu’autour de Pâques il serait judicieux de proposer une piqûre de rappel sur le sujet des épreuves de la vie, en lien avec la vertu de gratitude (les modalités seront à voir). Encourageons-nous mutuellement à cette vertu et progressons dans les exercices toujours à reprendre et les enseignements à réécouter.

Ferveur. C’est mon deuxième vœu. Je demande à l’Esprit Saint de nous donner un cœur brûlant. Ce n’est pas qu’une question de sensibilité ou d’enthousiasme, mais de feu intérieur qui s’oppose à la tiédeur. Le reproche que Jésus fait dans l’Apocalypse aux chrétiens de Laodicée, c’est le manque de ferveur : “tu es tiède, tu n’es ni chaud ni froid… convertis-toi !” (Ap 3,16). Jésus veut des chrétiens fervents, pas des mous. Le “train-train” de la vie spirituelle peut nous amener à la tiédeur : on ne se remet plus en question, on ne lit plus de livre spirituel, on ne participe plus à la vie de la communauté, on se renferme, on s’isole, on évite les autres, on prie de moins en moins et surtout on s’ennuie profondément des choses de Dieu… Cela s’appelle l’acédie, la perte du goût spirituel. Le seul remède, c’est l’Esprit Saint, son ardeur et sa force purifiante. La confession, l’adoration, faire partie d’un groupe, avoir des conseils spirituels, se former, demander sans cesse à Dieu de nous transformer, de nous purifier, de nous sanctifier : voilà le chemin de la guérison. Je souhaite que la ferveur des premiers chrétiens nous gagne de plus en plus et devienne contagieuse. Engageons-nous ensemble à augmenter la ferveur de nos célébrations, de nos relations fraternelles, de notre engagement envers ceux qui sont loin.

Courage. C’est mon troisième vœu. Qu’est-ce que le courage ? Si je vis un échec, une épreuve ou une déception, si alors je mets ma confiance en Dieu et continue de sourire et d’avancer, c’est courageux. Si je tombe dans une faute, que j’ai envie de tout lâcher, que je suis tenté de penser que je ne m’en sortirai jamais ; si je me relève par la prière et la force de la messe, c’est courageux. Si je rencontre quelqu’un qui ne s’intéresse pas à Dieu, qui est loin de l’Eglise, et que je lui propose de venir avec moi à une messe ou un parcours paroissial, c’est courageux. Si on me propose d’aider une personne en difficulté, un jeune migrant ou une personne de la rue, si je vais saluer ceux qui sont loin de moi, c’est ça pour moi le courage. Daigne le Seigneur exaucer ces vœux pour 2019. Sainte année à tous : gratitude, ferveur et courage !

Père Benoît Moradei